Fiscalité 18 mai 2026

PACS et Impôts 2026 : Faut-il choisir l'imposition commune ou séparée ?

Vous venez de vous pacser ? Découvrez si l'imposition commune est vraiment avantageuse pour votre couple, comment optimiser vos parts fiscales et votre TMI.


Le Pacte Civil de Solidarité (PACS) n’est pas seulement un engagement mutuel entre deux partenaires, c’est aussi un événement juridique majeur qui bouleverse votre situation auprès de l’administration fiscale.

L’une des questions les plus fréquentes lors de la préparation de la Déclaration des revenus concerne le choix du mode d’imposition l’année de la conclusion du PACS : faut-il faire une déclaration commune ou conserver deux déclarations séparées ? Contrairement aux idées reçues, fusionner ses impôts n’est pas toujours synonyme de baisse de la pression fiscale. Voici comment arbitrer mathématiquement en 2026.

La Règle Générale : L’imposition commune

En France, le mariage et le PACS entraînent par principe la création d’un foyer fiscal unique. Vous devenez solidairement responsables du paiement de l’impôt sur le revenu.

Comment fonctionne le calcul en imposition commune ?

  1. L’addition des revenus : Le fisc additionne l’intégralité des revenus nets de votre foyer (salaires, revenus fonciers, dividendes).
  2. L’addition des parts fiscales (Quotient Familial) : Votre couple représente désormais 2 parts fiscales (au lieu de 1 part chacun auparavant).
  3. Le barème : Le revenu global est divisé par 2, puis soumis au barème progressif de l’impôt. Le résultat est ensuite remultiplié par 2.

L’année du PACS : Le choix stratégique

Le Code Général des Impôts (CGI) accorde une flexibilité exceptionnelle uniquement pour l’année de conclusion du PACS (ou du mariage). Lors de votre déclaration de revenus (réalisée au printemps de l’année suivant votre union), vous avez le droit d’opter pour l’imposition séparée.

Mais dans quels cas l’imposition commune est-elle réellement rentable ?

Cas n°1 : La rentabilité absolue (La forte disparité de revenus)

L’imposition commune prend tout son sens lorsque les revenus des deux partenaires sont très déséquilibrés.

  • Exemple : Le Partenaire A gagne 90 000 € net par an (sa TMI est de 41 %). Le Partenaire B gagne 20 000 € net par an (sa TMI est de 11 %).
  • Le mécanisme : En fusionnant les revenus (110 000 €) et en les divisant par 2 parts, le quotient familial “écrase” le revenu du Partenaire A vers le bas. Le couple redescend globalement dans une Tranche Marginale d’Imposition (TMI) plus faible (à 30 %). L’économie d’impôt est massive.

Cas n°2 : L’opération blanche (Les revenus similaires)

Si les deux partenaires gagnent sensiblement le même salaire (ex: 40 000 € et 45 000 €), l’imposition commune n’aura quasiment aucun impact. La somme de vos deux impôts séparés sera à peu près équivalente à l’impôt commun de votre couple.

Cas n°3 : Le piège fiscal (La perte des décotes)

Dans certaines situations très spécifiques, l’imposition commune fait augmenter vos impôts ! Cela se produit souvent lorsqu’un des partenaires a des revenus très modestes lui permettant de bénéficier de la “décote” (un mécanisme d’allégement de l’impôt pour les bas revenus), ou d’aides sociales soumises à conditions de ressources (prime d’activité, allocations familiales). En fusionnant ses revenus avec ceux d’un partenaire gagnant très bien sa vie, le foyer perd l’accès à ces aides et abattements.

Prélèvement à la source : Taux personnalisé ou commun ?

Une fois la déclaration commune effectuée, l’administration fiscale calculera un taux de prélèvement à la source unique pour votre foyer (le taux moyen).

Si vos revenus sont disparates, l’application de ce taux unique sur vos fiches de paie va amputer sévèrement le revenu net mensuel du partenaire qui gagne le moins. La solution : Vous devez vous rendre sur votre espace personnel impots.gouv.fr et opter pour le taux individualisé. Le fisc calculera un taux proportionnel pour chacun : celui qui gagne le plus sera prélevé plus fortement, préservant ainsi le pouvoir d’achat mensuel de l’autre partenaire, sans changer le montant total de l’impôt dû par le couple à la fin de l’année.


Foire Aux Questions (FAQ)

Le PACS protège-t-il mon partenaire en cas de décès ? Oui, sur le plan fiscal, mais non sur le plan civil ! Comme pour les couples mariés, le partenaire de PACS est totalement exonéré de droits de succession. Cependant, contrairement au mariage, le partenaire de PACS n’est pas un héritier légal. Si vous décédez sans avoir rédigé de testament, votre partenaire n’héritera de rien. La rédaction d’un testament croisé est une urgence absolue. Prenez rendez-vous avec notre pôle Succession et Transmission.

Comment savoir si l’imposition commune est avantageuse pour nous ? Il n’y a pas de secret, il faut comparer les deux scénarios. La méthode la plus simple consiste à utiliser notre Simulateur d’Impôt sur le Revenu. Faites le test une fois avec les revenus combinés (et 2 parts), puis additionnez le résultat des deux simulations séparées (avec 1 part).

Le PACS permet-il de doubler les plafonds de défiscalisation ? Oui. Lors d’une imposition commune, les plafonds de certains avantages fiscaux sont doublés. C’est notamment le cas pour le Plan Épargne Retraite (PER). Un partenaire peut même utiliser le plafond de déduction non utilisé de son conjoint pour maximiser sa propre économie d’impôt !